Billet. Les Droits de l’homme, par La France insoumsie ? Inspirons-nous de Cuba, de l’Algérie ou du Nicaragua !

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Allons bon. Encore une nouvelle bouille chez La France insoumise. Du sang neuf. Gabrielle Cathala, députée française dans la sixième circonscription du Val-d’Oise, pour nous servir. Fraîchement élue aux élections anticipées de l’été dernier, l’ex-humanitaire vient d’embarquer dans un des navires de la Flottille de la Liberté direction Gaza. L’expédition se veut, comme celle de l’eurodéputée Rima Hassan en juin dernier, un moyen de « dénoncer le blocus en cours dans l’enclave » … avec les résultats éclatants que l’on connaît. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Intéressons-nous plutôt à l’interview qu’elle donnait à la chaîne YouTube L’Insoumission, boîte à musique du parti mélenchoniste, la veille de son départ.

Entre deux diatribes caricaturales sur le manque d’empathie supposé des Occidentaux concernant le sort des Gazaouis, Gabrielle Cathala a tenu à causer Droits de l’Homme. Ceux avec des majuscules et tout et tout. Nous autres, les demi-experts et faux sachants, étions naïvement persuadés que le concept rimait avec « démocratie », « liberté d’expression » et « féminisme ». Que nenni. À l’entendre, « les pays qui ont toujours soutenu la liberté des peuples et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce seraient ceux « que l’Occident appelle avec mépris les pays du Sud ». Et pas n’importe lesquels : dans le fantasme insoumis, les phares moraux de l’humanité s’appellent Alger, La Havane et Managua, la capitale du Nicaragua. Soit trois dictatures.

Et la Chine, bien sûr !

Revoilà le bon vieux logiciel mélenchoniste. Il existe un grand méchant impérialiste : les États-Unis d’Amérique, accessoirement soutien d’Israël. Et tous ceux qui les combattent seraient des amis de la liberté. Une logique mortifère qui aura historiquement poussé de nombreux intellectuels dans les bras d’autocrates sanguinaires et autres pseudo-révolutionnaires. Car on peut dénoncer les exactions de l’armée israélienne, les massacres et la famine à Gaza, sans pour autant faire la promotion de tyrans.

Mais que peut-on espérer des troupes de Jean-Luc Mélenchon ? Lui-même a longtemps défendu Bachar al-Assad et émis des doutes quant à son utilisation d’armes chimiques contre sa population. Plus récemment, sa compagne, la députée Sophia Chikirou, faisait l’éloge du régime chinois à l’Assemblée. Souvenez-vous. Dans son rapport de 153 pages sur les relations entre l’Union européenne et la Chine, l’insoumise expliquait que la France « a parfois davantage d’intérêts communs avec la Chine qu’elle n’en a avec ses partenaires du Vieux Continent », notamment l’Allemagne, « faux ami de la France ». Ben voyons. « Tout le raisonnement est construit en opposition aux États-Unis, ce qui conduit à une complaisance et une naïveté envers la Chine », résumait le député Renaissance Charles Sitzenstuhl dans un article du Monde.

Loin de nous l’idée de défendre la mainmise des Yankees, trop longtemps gendarmes du monde, sur la géopolitique mondiale. Mais force est de constater que de Sartre à Jean-Luc 1ᵉʳ, la haine de l’Amérique aura toujours conduit à des contorsions idéologiques inacceptables.

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