Billet. Meurtre dans un collège à Nogent : il s’appelait Quentin

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Une pionne est morte. C’était dans un collège de Nogent, en Haute-Marne, en début de semaine. Une affaire sordide et glaçante de plus. Dans une main : un « couteau de cuisine de 34 cm avec une lame d’une longueur de 20 cm », a dit le procureur en charge de l’affaire. Au bout du manche : un adolescent fasciné par la violence et la mort, accro aux jeux vidéos. Alors, partout, de BFMTV en franceinfo, l’heure est aux discussions « portiques de sécurité », « santé mentale des jeunes sur les réseaux sociaux » et « gros couteaux ». Partout, peut-être, sauf sur une fréquence radio : la matinale d’extrême droite de Radio Courtoisie euphémisée en « Ligne droite ». Comprenez, en ondes zemmouristes, la priorité est ailleurs : « Dans l’affaire de Crépol, les noms à connotation maghrébine et africaine ont mis 2-3 jours à sortir. Là, pour le petit Quentin, dans la minute, on a le prénom ! » Lire entre les lignes : « Merde, le nouvel assassin à la mode n’est pas étranger. Qu’est-ce qu’on peut dire ? » Mais qui s’en étonnera encore ? Derrière le micro, c’est Stanislas Rigault, ex-porte-parole Génération Z et autoproclamé spécialiste de l’affaire Crépol, qui vous le dit. Le même qui avait assuré, avant les prémisses de l’enquête iséroise : « Je vous prends le pari que les suspects auront des noms à connotation maghrébine, africaine, issus de l’immigration. »

Un Mohammed est un Mohammed

Les prénoms donc. Après des années de dédiabolisation, des années de marine-le-pénisme à la façade républicaine et autres discours sur le souci de l’intégration, l’extrême droite en est toujours là, à scruter les prénoms étrangers. De la xénophobie dans son plus simple appareil. Depuis quelques mois, le « prénom à consonance maghrébine » est même érigé en statistique surfant sur la peur du « grand remplacement ». En avril, c’était Guillaume Bensoussan de Reconquête qui pointait du doigt une liste de médecins de l’Oise remplie de « Hakim », « Youcef » et « Samir », quand, en mars, Valeurs actuelles se penchait sur la population carcérale de Fresne. « Damien Rieux, militant identitaire, a obtenu la liste des noms et prénoms des détenus de la maison d’arrêt de Fresnes. Selon ses informations, 53,2 % des prénoms des prisonniers sont d’origine musulmane et 64,9 % des patronymes sont d’origines extra-européennes », détaille l’article.

Rappelons, au passage, aux obsédés de la sécurité, que cela fait bien longtemps que l’on a compris que les personnes issues de l’immigration étaient surreprésentées en prison et que l’enjeu est moins de les traiter comme des pantins nés pour être délinquants que de proposer des mesures d’intégrations pour endiguer le phénomène. Du reste, après le stade de la couleur de peau, on n’a rien trouvé de moins raciste que de s’attaquer aux prénoms. Exit les discours sur le « bon migrant » intégré et bandeur d’identité française, fantasmé par l’extrême droite. Mohammed demandeur d’asile, Mohammed citoyen français, Mohammed immigré de première ou de troisième génération : tous les mêmes. Et une même destinée : communautarisme, délinquance et OQTF.

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