Penser devient obsolète. Et en Chine, la dictature permet de s’adapter rapidement à cette nouvelle réalité apportée par l’intelligence artificielle. Plus besoin, selon le régime de Xi Jinping, d’apprendre à des millions d’étudiants les sciences humaines, les langues ou encore des notions de marketing. La guerre de l’IA a débuté, et les forces vives sont appelées à s’engager.
Entre 2021 et 2025, les universités chinoises ont modifié près d’un tiers de leurs cursus, supprimant au total plus de 12 000 formations. Dans un rapport publié en mai 2026, le gouvernement documente surtout les coupes sévères dans les cours de langues étrangères, menacés par les outils de traduction.

Au lieu d’aider les pauvres étudiants en japonais ou en allemand, Pékin impose de nouvelles disciplines. Comme à l’Institut de technologie d’Harbin et à l’université Beihang, à Pékin, qui accueilleront désormais des étudiants en « intelligence incarnée ». Un nouveau cursus pour les passionnés de robots humanoïdes, de machines autonomes nourries à l’IA. En tout, 10 000 nouvelles formations ont vu le jour depuis 2021.
Et le comble, c’est que les étudiants eux-mêmes n’échappent pas au contrôle induit par leur nouveau jouet. Dans les universités de l’empire du Milieu, on voit poindre des caméras dans les salles de cours. Une vidéosurveillance bien sûr dopée à l’IA afin, par exemple, de déterminer le « taux de têtes levées ». À ce rythme, le diplôme le plus recherché en Chine ne sera bientôt plus celui d’ingénieur, mais celui de bon élève. Avec mention « tête levée ».
1 month ago
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