Le prix Nobel de la paix va-t-il vraiment finir entre les mains de Donald Trump ? La bonne blague du printemps dernier n’a jamais été si près de se réaliser. Devenu soudain grand copain avec la tenante du titre 2025, la Vénézuélienne María Corina Machado, figure de l’opposition aux dictatures de Chávez puis de Maduro, Trump croit dur comme fer avoir toutes ses chances. Cette semaine, ils doivent se rencontrer à Washington pour qu’elle lui remette son prix. « J’ai entendu qu’elle voulait faire ça. Ce serait un grand honneur », se gargarisait le président américain sur Fox News, quelques jours après l’enlèvement de l’ex-président vénézuélien.

Mais au Trumpistan, les amitiés ne sont pas toujours parfaitement saines. Au lendemain de la capture de Maduro, Trump balayait d’un revers de main toute nomination arbitraire de María Corina Machado à la tête du pays : « Elle n’a ni assez de soutien et ne bénéficie pas d’assez de respect dans son pays. » Non pas qu’il lui viendrait soudain des envies de démocratie. Il semblerait plutôt que, malgré tous ses efforts pour paraître détaché et faire croire que « même pas mal », Trump n’a pas encore tout à fait digéré que la Vénézuélienne lui ait été préférée par le jury. Lui qui a pourtant « mis fin à huit guerres », comme il aime à le répéter. Vexé comme un pou, Trump accuse : « C’est là que le comité se positionne. C’est très embarrassant pour la Norvège. Qu’ils aient quelque chose à voir là-dedans ou pas. Je pense que oui. Ils disent que non », toujours sur Fox News. C’est bien connu, c’est le gouvernement norvégien, et personne d’autre, qui dicte ses décisions aux membres du jury du prix Nobel de la paix. Ce doit être pour ça qu’aucun Norvégien ne l’a obtenu depuis 1922.
1 month ago
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