La Trumperie de la semaine. L’Amérique piquée au complotisme

1 month ago 67

Tout sénile qu’il est, Donald Trump persiste et signe quand même des ­décrets. Lundi 10 août, dans le ­Bureau ovale, le président des États-Unis s’est fendu d’un paraphe rageur. D’un coup de plume, l’indécrottable complotiste s’en est cette fois pris aux vaccins. Désormais, recommandations seront faites aux États américains d’espa­cer les injections. « Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas », a affabulé Trump. Reprenant ainsi la thèse complo­tiste portée depuis plus de vingt ans par son éminent ministre de la Santé, ­Robert F. Kennedy Jr.

Un complotisme à vous filer de l’urticaire

Le duo, tout sourire pour les caméras, en oublierait presque que les États-Unis vivent en ce moment la plus sévère épidémie de rougeole qu’ait connue le pays depuis la fin des années 1980. En tout, 2 318 cas ont été recensés entre janvier et juillet, soit 10 fois plus qu’en 2024. À force de marteler que les vaccins rendent autiste, la sphère Maga, Trump en tête, infuse ses théories dans l’esprit d’une large partie de la société américaine.

1778 05 Salch Autisme

En témoigne un vaste sondage du Washington Post, réalisé en 2025. Déjà à ce moment-là, le journal révélait que 1 parent américain sur 6 rejetait les recommandations de vaccinations. Au grand dam de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui rappelle pourtant, par la voix de son directeur, que « les vaccins – y compris le vaccin ROR [rougeole, oreillons, rubéole, ndlr] – sont sûrs et ne causent pas l’autisme ». Aux États-Unis, une seule parole compte, celle du chef, fût-elle la plus insensée.

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