Les champions de la droite. Alexandre Vincendet, le shérif de Rillieux qui rêvait du large

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Nous sommes en mars 2024. Alexandre Vincendet vient d’être exclu du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale. Le député du Rhône dénonce un « procès de Moscou » et provoque… l’hilarité générale. Il fallait oser : voilà des mois qu’il roule ouvertement pour Horizons, le parti d’Édouard Philippe. En octobre 2023, il a même organisé une rencontre entre l’ancien Premier ministre et une trentaine de maires et d’ex-parlementaires de la droite et du centre lyonnais. Officiellement, il s’agissait de discuter du statut de la métropole. Mais personne n’était dupe.

À l’origine, pourtant, le félon avait tout du pur produit de la droite bourgeoise. À peine entré dans la vingtaine, il prend sa carte à l’UMP. Une décision « réfléchie », assurait-il à BFMTV, prise au sein d’une « famille très politisée ». Mais qu’on ne lui parle ni de reproduction sociale ni d’habitus : Alexandre a choisi tout seul, comme un grand, de ­voter… comme papa.

Il fait ses classes auprès d’Étienne Blanc, alors député de l’Ain. Puis il se rapproche du président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, et intégrera son cabinet. Lorsque ce dernier devient secrétaire général du parti, Vincendet lui emboîte le pas.

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La sécurité, quelle surprise

En 2013, l’élève quitte les couloirs parisiens pour se mettre en quête d’un électorat. L’UMP lui trouve Rillieux-la-Pape, ville de gauche près de Lyon où il n’a aucune attache notoire pour s’implanter. Sur place, Julien Smati revendique déjà l’investiture et dispose de soutiens locaux. Pourtant, c’est Vincendet qui décroche l’investiture du parti. Il affronte Smati au premier tour des municipales, puis fusionne avec lui au second. À gauche, deux listes se maintiennent et lui offrent la triangulaire idéale. Vincendet l’emporte avec 48,78 % des voix. À 30 ans, neuf mois après son parachutage, il ­devient ainsi maire d’une commune dont il ignore tout.

Une fois aux commandes, il choisit son terrain : la sécurité. Il renforce la police municipale, développe la vidéo­surveillance, équipe les agents de camé­ras portatives et crée une brigade canine. Cet arsenal lui vaudra, en 2015, une Marianne d’or de la sécurité. Mais ce n’est pas tout. Vincendet reprend à son compte une vieille recette de droite : suspendre pendant un an certaines aides municipales aux familles de mineurs multirécidivistes qui refusent l’accompagnement proposé. « Quand on fait des enfants, on les assume. On touche de l’argent de l’État, c’est l’esprit de solidarité. Mais à côté des droits, il y a aussi les devoirs : être le premier éducateur de ses enfants », explique-t-il.

Mais la leçon de responsabilité paren­tale prendra, cinq ans plus tard, un relief particulier. En 2020, Alexandre Vincendet est condamné pour des violences sans incapacité commises sur son fils, âgé de… 4 ans. La justice lui impose alors un stage de responsabilité parentale. Comme quoi, il est toujours plus facile d’éduquer les parents des autres.

Réélu maire dès le premier tour la même année, il devient député en 2022 et abandonne son fauteuil municipal. Deux ans plus tard, il perd son siège à l’Assemblée et récupère celui de sa mairie. Le grand large attendra.

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