Les champions de la droite. François-Noël Buffet, l’ancien régime à la défense des droits

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Depuis François Mitterrand, la droitisation des présidents de la République en fin de mandat est une tendance connue. Par le hasard du calendrier institutionnel et à l’heure où Emmanuel Macron atteint des sommets d’impopularité, voilà qu’il lui incombe une série de nominations présidentielles qui survivront à son mandat.

Ainsi, la « République des copains » macronistes continuera d’infuser au Conseil constitutionnel avec Richard Ferrand, à la Cour des comptes avec Amélie de Montchalin et, si le souhait présidentiel est confirmé, à la Banque de France avec Emmanuel Moulin.

Mais c’est un tout autre animal qu’il projette de placer comme futur défenseur des droits – pour remplacer Claire Hédon, ancienne journaliste et ex-­présidente d’ATD Quart monde, à ce poste depuis six ans : François-Noël Buffet, sénateur, ancien ministre à l’Intérieur auprès de Bruno Retail­leau et homme de tous les combats de la droite. Au gré d’un accord entre l’Élysée et le Sénat révélé par le journal Les Échos, c’est de toute évidence ce qui se ­prépare.

Pour lutter contre les discriminations, protéger les droits des enfants et les lanceurs d’alerte, contrôler la déontologie des forces de l’ordre, Emmanuel Macron – fier partisan de la société civile – nommera donc l’un de ces politiciens éternels. Avocat de formation, vingt ans maire ­d’Oullins (Rhône), onze ans au conseil de la métropole de Lyon, vingt ans sénateur, et parfois les trois en même temps, l’homme fut finalement propulsé Place Beauvau par le jeu des ­copinages.

1765 04 Salch Buffet

Pour défendre ardemment les mino­rités et protéger la société de toutes les formes de discrimination, il lui faudra faire avec son passif de manifestant… contre le mariage pour tous. Oublier sa signature, en 2014, de la charte de la Manif pour tous. Ou son vote, en 2021, contre l’extension de la PMA à toutes les femmes. Et, plus récemment encore, son opposition à la constitutionnalisation du droit à l’IVG, adoptée en 2024. Au Sénat, il s’est souvent exprimé pour « restaurer l’autorité » de l’État sur la jeunesse « de plus en plus violente ». À l’Intérieur, il a oeuvré pour allouer plus de prérogatives aux policiers ­municipaux.

La question se pose donc en ces termes : à quoi joue ­Macron ? Tente-t-il d’envoyer un réactionnaire en safari au milieu des droits humains pour en faire un autre homme, comme François ­Ruffin a envoyé Sarah Saldmann à la rencontre des pauvres ? Ou est-ce un coup net et précis assené à l’équilibre démocratique avant son départ ? La réponse est simple : Emmanuel Macron n’est pas François Ruffin.

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