Terrorisme. Les nouveaux négationnistes

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Porter un candidat au pouvoir, c’est y porter avec lui toute une équipe, et sa base. Avec Attal, la France aux morveux de Sciences Po ; avec Le Pen, les éternelles brebis galeuses ; et avec Jean-Luc Mélen­chon, c’est la clique décoloniale qui salive d’avance, prête à mettre la main sur les institutions. Aux universités d’été de LFI, lors d’une table ronde consacrée à la « criminalisation et répression du mouvement de solidarité avec la Palestine », animée par l’incontournable Rima Hassan1, on a pu profiter d’un avant-goût de ce que produirait cette joyeuse bande si elle arrivait à la tête de l’État. Aux côtés de l’égérie des décoloniaux, une certaine Lucy, présentée comme juriste à la Legal Team antiraciste. Notice importante pour comprendre ce qui va suivre : dans l’imaginaire Insoumis, l’État structurellement raciste doit être purgé et assaini afin que puisse naître un monde nouveau.

« Faut-il abroger le délit d’apologie du terrorisme ? » demande un participant lors de cette conférence du 22 août dernier. Réponse de Lucy : « Oui, il faut l’abroger, […] chez nous aussi », ­répond-elle, feignant la familiarité gouailleuse de son patron. « Tout ce qui est en lien avec le terrorisme, poursuit-elle. Ce concept de terrorisme, c’est du poison, c’est du poison contre nous, mais c’est du poison chez nous. » Rassurons-nous, Lucy ne propose pas encore de laisser gambader dans la nature tous les terroristes en puissance. Elle propose plutôt de garder ces crimes-là dans le droit commun, assurant qu’il y a « pléthore de vocabulaire pour définir les crimes qui sont commis. Cette infraction, comme tout le dispositif antiterroriste, il faut l’abroger. Le terrorisme, c’est un concept politique ». En clair : les Insoumis au ministère de la Justice, vous n’auriez plus d’infractions à caractère terroriste, seulement des crimes de droit commun. « Qu’est-ce qui est terroriste et qui n’est pas terroriste, on s’en fout, en fait », balaie-t-elle.

Abolissons les mots

C’est d’une simplicité enfantine : quand une réalité vous déplaît, contentez-vous d’abolir ses mots. Par un tour de passe-passe, Lucy vient de transformer l’attentat du 7 janvier 2015 contre la rédaction de Charlie en banal règlement de comptes. Les victimes du 13 Novembre sont désormais mortes dans une série de fusillades. Et la décapitation de Samuel Paty ne serait – après tout, pourquoi pas ? – que le produit de la psychose d’un jeune en mal de repères. À quoi sert, au fond, de nommer ces attaques pour ce qu’elles sont, des entreprises fondamentalistes conscientes, pensées pour inspirer de la terreur chez ceux qui ne partagent pas ces convictions radicales ? Pourquoi rappeler que les cibles ont été choisies pour ce qu’elles incarnent : des ­valeurs différentes, de mixité, de laïcité, d’anticléricalisme ou de républicanisme ? Les victimes le savent pourtant, leurs proches le savent, la société l’a intégré. Surtout, les terroristes et les prédicateurs qui les guident le savent les premiers. Mais « on s’en fout », nous répond la Legal Team antiraciste.

Pour mobiliser les troupes, cette fraction-là des Insoumis a besoin de tordre le réel. Le poison, ce n’est plus le terrorisme, mais le mot pour le caractériser. «Les Noirs et les Arabes» ne sont plus des cibles comme les autres de la terreur des tueurs, mais les boucs émissaires d’un État raciste qui s’invente des lois pour les désigner comme complices. La justice n’est plus le système immunitaire d’une société qui a découvert son cancer fondamentaliste, mais un outil bassement politique, un jouet dans la main des Blancs. Et tout ça pour quoi ? Bricoler un nouveau ­combat qu’on pourra, au mépris de toute logique, qualifier d’« antiraciste ».

1. Rima Hassan est elle-même poursuivie par la justice pour « apologie du terrorisme ».

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